Blog de l'ONG - Ong des Villageois de Ndem

ONG des villageois de NDEM
ONG
ONG des villageois de Ndem
Des villageois de NDEM
Des villageois de NDEM
Aller au contenu

Un nouveau projet pour Darou Ndim

Ong des Villageois de Ndem
16 Novembre 2020

FORMATION PROFESSIONNELLE ET SECURITE ALIMENTAIRE POUR LES FEMMES EN MILIEU RURAL

 


 
« Réalisation d’un centre artisanal et agroforestier ainsi qu’une boulangerie traditionnelle pour les femmes de Darou Ndimb et des villages alentours »

  
Projet porté par l’ONG des Villageois de Ndem, en partenariat avec l’association Solidarité Ndem France (SNF) et le groupement d’intérêt public Yvelines Coopération Internationale et Développement (YCID)

Localisation : Village de Darou Ndimb dans la commune de Gawane (département de Bambey, région de Diourbel, Sénégal) ; à 12 km à l’Est de Ndem.


Date de démarrage prévisionnelle : Juillet 2020

 
 Porteur de projet : Engagé depuis plus de trente ans dans des actions de développement rural endogène, l’ONG des villageois de Ndem regroupe aujourd’hui une quinzaine de villages, représentant 8 000 habitants environ. L’approche systémique et communautaire qu’elle développe, allant de la santé à l’artisanat, en passant par l’éducation, l’accès à l’eau et à l’assainissement, l’épargne/crédit, la transformation alimentaire, l’environnement et l’agroécologie, permet progressivement d’infléchir les dynamiques d’exode rural dans ses zones d’action, autour du village de Ndem ainsi qu’à Mbacké Kadior, dans le cadre de la réhabilitation du site historique de Nguiguiss Bamba. Après 30 ans d’efforts, Ndem est ainsi devenu un pôle de développement local pérenne, exemplaire et reconnu par les institutions gouvernementales sénégalaises qui veulent en faire un modèle pour le reste du pays.  
 
A Darou Ndimb, l’ONG a déjà réalisé la construction d’une case de santé, en partenariat avec l’association Solidarité Ndem France. Le projet « formation professionnelle et sécurité alimentaire pour les femmes en milieu rural » s’inscrit dans la continuité de cette action visant à améliorer les conditions de vie de la population – essentiellement des femmes et des enfants – d’une dizaine de villages environnant Darou Ndimb.  

Contexte : Au Sénégal, l’agriculture occupe plus de 70% de la population active et l’agriculture familiale représente 95% des exploitations. Ces dernières souffrent cependant de l’épuisement des sols lié à l’encouragement par les politiques nationales de l’exportation via la monoculture et l’utilisation d’intrants chimiques, ainsi que de la divagation des animaux des éleveurs voisins ou en transhumance qui détruisent les cultures des agriculteurs. Ces difficultés sont aggravées par le changement climatique, par lequel la région de Diourbel est particulièrement impactée et qui se traduit notamment par une sécheresse persistante et une perte de biodiversité.  

 
Dans la commune de Darou Ndimb, particulièrement enclavée par l’absence de routes vraiment carrossables, l'agriculture pluviale constitue l'activité principale mais est progressivement délaissée face à ce contexte de crise. En parallèle, l’emploi non-agricole fait défaut et il existe peu d’alternatives. Les jeunes hommes partent massivement vers les villes ou choisissent la voie de l’émigration dans l’espoir de trouver un emploi rémunérateur et de fuir la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Les femmes restent le plus souvent avec leurs enfants au village dans une situation de grande précarité, tentant de ramener un complément d’argent au foyer à l’aide de petits boulots. Avec la crise sanitaire et économique internationale provoquée par le coronavirus, ces petites activités génératrices de revenus ont dû être arrêtées et le prix des denrées alimentaires de premières nécessités a augmenté, renforçant encore la précarité des familles.   
 
 
Dans ce contexte, l’ONG des Villageois de Ndem, en partenariat avec Solidarité Ndem France entend redynamiser l’économie locale à travers la création d’un groupement d’intérêt économique (GIE) permettant de pérenniser des opportunités professionnelles pour les femmes (artisanat, agroforesterie, boulangerie) ainsi que de renforcer la souveraineté alimentaire à Darou Ndimb et dans les villages environnants.  

 Objectif général : Lutter contre la grande pauvreté et renforcer l’autonomie alimentaire de la zone en créant des activités économiques générant des revenus de façon pérenne pour les femmes de huit villages centrés autour de Darou Ndimb.
  
Objectifs spécifiques :  
 
1.     Les femmes obtiennent des activités artisanales, agroforestières et boulangères des revenus leur permettant de subvenir aux besoins de leur famille.
 
2.     Les femmes acquièrent des savoir-faire très valorisants les menant à une plus grande autonomie financière et une plus grande responsabilité sociale.  
 
3.     Les femmes renforcent leur autonomie alimentaire et enrichissent leur alimentation quotidienne grâce aux ressources produites en agroforesterie et au pain enrichi de céréales locales.
 
4.     Ces femmes acquièrent l’expérience d’une organisation et d’une gestion collective de leurs activités dans le cadre nouveau et structuré d’un GIE.  

Bénéficiaires directs : 95 personnes ; les membres du future GIE regroupant des femmes et quelques hommes de Darou Ndimb et des huit villages alentours.  

Bénéficiaires indirects : Un millier de personne ; la population de neuf villages de la commune de Gawane. Ce chiffre est amené à augmenter rapidement à mesure que les productions artisanales, boulangères et agroforestières seront écoulées à une plus large échelle, notamment sur les marchés de Gawane puis de Bambey.  

 
 
 Résultats attendus et activités principales :  

 
1. Création d’un GIE et appui à la définition en interne des modalités d’organisation et de gestion par les 95 membres.  

Il y a sept ans, grâce à l’initiative de l’ONG des Villageois de Ndem avaient déjà été mis en place un atelier de poterie dans le village Mbongoye Peul pour 35 femmes ainsi qu’un atelier de vannerie dans le village de Darou Ndim pour
 
30 femmes. Sous des abris de paille de fortune, des formatrices avaient été mobilisées pour le transfert de savoir-faire. Les femmes commençaient à maîtriser les techniques et à produire des articles, mais malheureusement, les activités n’ont pas perduré par manque d’encadrement organisationnel dû au manque de ressources humaines et financières de l’ONG de Ndem, puis à son grand engagement à Mbacké Kadior. Les activités furent donc suspendues jusqu’à nouvel ordre.  
 
Ce projet vise à relancer et étoffer la dynamique initiée en permettant la création d’un Groupement d’Intérêt Economique (GIE) et en offrant un encadrement technique, administratif, commercial et financier permettant la pérennisation des activités.

1.1 – Création d’un Groupement d’Intérêt Economiques (GIE) regroupant 95 femmes (et hommes) de Darou Ndimb et des villages alentours  

Cette création se concrétise au Sénégal par le dépôt d’un statut de Groupement d’Intérêt Economique (GIE) auprès de la chambre de commerce de la région de Diourbel. Ensuite, une convention sera signée entre l’ONG des Villageois de Ndem et le GIE de Darou Ndimb garantissant la mise à disposition pour une durée d’un an renouvelable du terrain, des infrastructures qui y seront réalisées ainsi que le libre usage des productions sur ce terrain, sans contrepartie financière ou en nature.
Au-delà du caractère juridique et administratif de la démarche, la création d’un GIE pour les femmes de Darou Ndimb désirant s’impliquer dans le centre artisanal et l’agroforesterie implique des réunions régulières entre les femmes et les deux coordinateurs, Khadim Wad et Maam Gour Seck. Ces démarches devraient durer quelques semaines (un mois maximum) de manière à laisser le temps aux femmes concernées de s’organiser pour former un bureau. Sur le plan statutaire, ces deux encadrants seront membres du bureau du GIE de Darou Ndim.
Ce GIE devrait rassembler la première année 95 personnes, quasi-uniquement des femmes (90), étant donné que les maris sont la plupart du temps partis en ville à la recherche de revenus plus conséquents. A termes, celui-ci pourrait s’agrandir une fois qu’une organisation fonctionnelle et pérenne aura été trouvée.  
     
1.2 – Appui technique, administratif et commercial à la définition par les membres des modalités de gestion du GIE, avec pour horizon l’auto-organisation

Notre souhait, conformément à ce qui a été réalisé à Ndem et à Mbacké Kadior, est de laisser le plus possible les femmes décider des modalités d’organisation du GIE, en particulier de la gestion des activités et de la rétribution des bénéficiaires. Néanmoins, la grande majorité des femmes de cette zone sont analphabètes, et n’ont pas une tradition artisanale ni commerciale qui permettrait de penser qu’elles pourraient s’auto-manager dans un premier temps ; de même pour les quelques hommes présents résistant à l’exode rural. Par conséquent, l’ONG Ndem jouera un rôle d’appui technique et organisationnel, par le biais des deux coordinateurs, qui assisteront aux réunions et pourront donner des avis, émettre des recommandations quant à l’organisation et au mode de rétribution des artisanes. Ces besoins organisationnel, managérial et commercial expliquent la nécessité d’un encadrement de proximité, indépendamment du formateur technique au démarrage du projet ; mais à moyen/long terme nécessiteront l’émergence de femmes leaders parmi celles engagées dans les différentes activités artisanales.
Plus largement, les deux coordinateurs seront chargés tout au long du projet de l’organisation des formations, du suivi de leur contenu, de la réalisation des achats et de l’achalandage en matières premières, ou encore du recrutement de la main d’œuvre pour les constructions et le contrôle qualité des matériaux. Une fois les formations terminées, ils conserveront leur rôle d’appui technique, administratif et commercial continu pour faciliter la gestion des activités. Eux-mêmes pourront participer aux formations afin de bien maîtriser les techniques, réaliser des fiches techniques, calculer le prix d’un article au vu des cours sur le marché, être capables par la suite de faire le suivi/qualité d’un produit. Dans un second temps, leur rôle sera également d’assurer les liens avec la clientèle, de faire les déplacements qui y sont liés, de faire un rapport financier du suivi des activités.  
Concernant les indemnités des deux encadrants, comme autour de chacun des projets menés par l’ONG Ndem, l’idée générale est de créer un microcircuit économique local viable sur le long terme. La pérennisation des salaires des deux encadrants pourra être assurée à l’issue du projet (leur rémunération est garantie pendant un an sur les fonds du projet) par prélèvement sur les recettes du GIE, selon des modalités qui seront définies par les membres du bureau.  

2. OS2 : Aménagements des espaces permettant de protéger et d’isoler les installations, les équipements ainsi que de préparer les plantations  

Etape indispensable, la préparation de la parcelle agroforestière consiste à clôturer l’espace prévu pour la culture ainsi que l’espace artisanal et boulanger. Cela permettra le démarrage des activités dans les meilleures conditions.  

2.1 Aménagement de la parcelle agroforestière  

Nous avons fait le choix de faire reposer le grillage sur un muret de briques haut de 40 cm afin de se protéger de l’entrée d’animaux (chèvres, diar  (rats musqués)) qui causent des dégâts considérables aux parcelles agroécologiques (cf. projet Keur Potié). La pose du grillage fera l’objet d’une mobilisation générale dans le village, mettant à contribution dès le début du projet les membres du GIE et leur famille, de manière à les responsabiliser et par là-même renforcer l’esprit communautaire.  
L’aménagement de la parcelle consistera également à acheter les fournitures et le matériel agricole prévu, à construire une compostière et à acheminer de la matière organique afin de pouvoir rapidement enrichir le sol ; à construire un cagibi pour y ranger le matériel ; à prévoir l’achat des arbres fruitiers et du moringa en pépinière ainsi que des boutures de manioc auprès de producteurs locaux.   
Enfin, deux bassins de rétention d’eau de 2,25 m³ seront construits de part et d’autre de la parcelle, de manière à diminuer la pénibilité de l’arrosage des arbres fruitiers et du moringa.


2.2 Construction du bloc sanitaire et de l’adduction d’eau  

Le bloc de toilettes avec fosse septique sera construit en parallèle de la pose du système d’adduction d’eau. Celui-ci sera directement relié à un réseau d’adduction communal, qui est actuellement en fonctionnement. Le débit est bon, l’eau est relativement salée mais cela ne devrait pas poser de problème, en témoignent les arbres fruitiers plantés dans l’actuel daara de Daru Ndimb (tels que les manguiers) qui se portent très bien. Seul le coût, 200 Franc CFA/m³, constitue un poids dans une optique d’autonomisation rapide du GIE, une fois épuisé le fond de roulement prévu dans le cadre du projet. D’où l’importance de mettre en place une dynamique agroforestière forte autour du compostage, du binage et du paillage qui sont autant de moyens de limiter les besoins en arrosage, et donc les frais liés au coût de l’eau.  
                      
 3.     Mise en place des activités d’agroforesterie  

Le projet vise à allier à la culture du manioc et celle du moringa. Couplé aux arbres fruitiers dans le cadre d’une pratique agro-forestière et biologique, une parcelle agricole de 5 000 m² suffira à assurer un complément de revenu rapide pour le GIE (d’abord par la vente du moringa), essentiel à la consolidation du centre artisanal pendant les premières années. En plus du complément de revenus généré par cette parcelle, celle-ci participe de la volonté de renforcer l’autonomie alimentaire des personnes en zones rurales, en particulier des femmes, de manière à diversifier leurs savoir-faire, leur alimentation et à baisser la part des revenus par foyer consacrée à l’alimentation.  
 
L’approvisionnement en arbres fruitiers et de moringa en pépinière (une partie proviendra de la pépinière du village de Ndem), ainsi que des boutures de manioc permettra de commencer les activités à proprement parler.  

3.1   Plantation du manioc

Le manioc est un tubercule qui demande très peu d’entretien et d’arrosage (surtout s’il est planté au début de la période d’hivernage, en juillet-août) et qui s’adapte bien au climat sec et chaud du Sahel. De plus, le manioc répond à une demande déjà existante sur les marchés locaux, ce qui garantit des débouchés faciles pour les productions. Par conséquent, le manioc offre un ratio temps investi/bénéfices escomptés particulièrement intéressant.  
C’est pourquoi l’ensemble des membres du GIE de Darou Ndimb participeront à sa plantation et à son entretien (désherbage pendant l’hivernage notamment). Cela permettra de renforcer l’esprit de groupe et constituera une source de revenu que se partageront tous les membres du GIE.  
Au-delà de l’aspect commercial, une partie du manioc (feuilles et tubercules) récolté sera directement consommé par les membres du GIE, ce qui participe à leur autonomisation sur le plan alimentaire et enrichira leur alimentation quotidienne.  

3.2    Atelier moringa et arbres fruitiers  

La plantation et l’entretien des haies de moringa et des arbres fruitiers fait l’objet d’un atelier de formation à part entière. Il concernera 20 femmes, sur deux journées (entretien et commercialisation) et sera réalisée par un membre qualifié de l’ONG des villageois de Ndem. Ensuite, les deux coordinateurs du projet s’assureront du suivi des plantations et pourront dispenser de petites formations complémentaires.  
Le moringa a été choisi pour de multiples raisons. Tous les composants de cet arbre présentent des vertus thérapeutiques et nutritionnelles. Les feuilles peuvent être séchées puis transformées en poudre, servant de complément alimentaire. Les feuilles fraîches peuvent également être broyées et transformées en jus. Le moringa, consommé ainsi, est anti-inflammatoire, antioxydant, riche en protéines, en vitamines C, B1 et A, en fer, en calcium, en magnésium et potassium. Enfin, les graines peuvent être pressées en une huile à usage cosmétique et alimentaire. Taillée en haie, le moringa fera donc à la fois office d’arbre coupe-vent, d’arbre fertilitaire, renforcera en autoconsommation la qualité nutritionnelle de l’alimentation quotidienne – agrémentant les couscous de mil – et constituera enfin une source de revenu complémentaire conséquente pour les membres du GIE. Tout comme les arbres fruitiers (agrumes, manguiers, anacardiers), elle demande davantage d’entretien que le manioc. C’est pourquoi une formation de deux jours sera assurée à propos de l’arrosage, de la taille des plants et de la conservation des semences pour le moringa et les arbres fruitiers.  
                  
4.     Construction des infrastructures dédiées à l’artisanat et à la boulangerie

Cette quatrième phase, qui devrait débuter en septembre 2020, concerne deux pôles.  
 
D’une part, le centre artisanal aura pour vocation de former des femmes et des hommes à des savoir-faire artisanaux afin de leur apporter des ressources financières. Parallèlement, la présence d’artisans venus des différents villages avoisinants à Darou Ndim créera une dynamique communautaire locale plus forte, permettant ainsi d’optimiser le fonctionnement de la case de santé et du moulin à moudre déjà existants, premiers jalons d’un changement vers « un développement durable » améliorant la vie des populations environnantes.  

Très concrètement, il s’agît de construire une case hexagonale de 36,5 m² (côtés alternés de 6m et 2m), construite en parpaings et recouverte d’une toiture en zinc, un sol en béton peint, où des étagères en béton armé de 5m de long permettront de ranger le matériel et les diverses productions. A cette case seront accolés deux mbaxs (de grands auvents ombragés en zinc de 84 m²) où se dérouleront les ateliers de poterie, de vannerie et la fabrique de savon/eau de javel ; sur des nattes traditionnelles à même le sol. Un four traditionnel en argile sera également construit pour réaliser la poterie, protégé par un « couvercle » amovible, un petit mbax en zinc permettant pendant la saison sèche de protéger les boulangers du soleil et de protéger le four pendant la saison des pluies.  

Le projet comprend également la construction d’une boulangerie artisanale à Darou Ndimb, soit d’un four traditionnel disposant du même type de « couvercle amovible » et d’un atelier de fabrication du pain (une dizaine de mètres carrés) ; ainsi qu’une formation en boulangerie et l’équipement nécessaire à la livraison dans le but de desservir en pains les villages avoisinants, notamment une charrette et un âne.

Darou Ndimb est au centre de plusieurs autres villages enclavés dans une zone rurale où il n’existe actuellement pas de boulangerie, donc aucun accès à cette denrée. Du fait de l’acculturation, le pain s’est bien ancré dans la culture Sénégalaise. Le petit déjeuner rime avec le pain blanc dans pratiquement tous les foyers urbains, et pour les populations rurales lorsqu’elles en ont l’accès.

L’accès à du pain frais tous les matins permettra d’améliorer la qualité de vie et le bien-être des habitants. Etant à côté de l’école communale, la réalisation du projet permettra aux jeunes élèves d’acheter à manger dans la journée au besoin, ce qui participe aux conditions de réussite de la scolarité de ces enfants.  


 
5. Mise en place des ateliers d’artisanat et de la formation en boulangerie

5.1 Formation à la fabrication du pain  

La formation consiste en huit sessions de formation de cinq jours, étalées sur trois mois. Elle vise à former 3 boulangers à plein temps et 9 revendeuses (une par village concerné). Cette formation, plus longue que dans les autres ateliers, visera en plus de la transmission du savoir-faire local, à développer de nouvelles recettes de pain enrichi (à base de céréales locales, telles que le mil ou le sorgho) et à maîtriser l’économie de l’éco-combustible Yaakaar.  
 
En effet, l’insertion du mil dans la recette actuelle de base est un objectif à long terme afin d’améliorer l’alimentation avec un pain plus nutritif. La formation abordera divers types de farines à base de grains locaux au cours de l’année. Cette éventualité est très pertinente d’autant plus qu’elle encouragera une économie locale à l’achat des grains et ravivera des méthodes plus traditionnelles sénégalaises.
 
De plus, considérant la rareté du bois dans la région et son prix exorbitant, nous désirons promouvoir l’utilisation du Yaakaar comme combustible. Le Yaakaar est un biocombustible local fait de coques d’arachides pressées, dont l’utilisation participe à la lutte contre la déforestation, particulièrement importante dans la région de Darou Ndimb.
5.2 Atelier formation poterie  

Ce savoir-faire ancestral africain a perdu beaucoup sa place dans les foyers avec l’apparition massive du plastique et de l’aluminium. Néanmoins, certains éléments sont encore utilisés et trouvent toujours leur place dans chaque concession rurale : les canaris en terre pour conserver l’eau fraîche, les encensoirs dans chaque chambre, des pots de fleurs ou plantes … et des objets d’art figuratifs traditionnels qu’utilisent les enfants pour jouer. Les marigots d’argile sont fréquents dans les campagnes, seulement remplis d’eau pendant les 3 mois de pluie, l’argile est donc accessible avec le travail d’une pelle. Elle peut être transportée sur une charrette tractée par un âne,  facile à nourrir. C’est pourquoi revivifier ce bel art de la terre trouve tout son sens, d’autant qu’un groupe de 35 femmes y avait d’ores et déjà été au moins initié, mais leurs attentes n’ont pas pu être satisfaites, car elles n’avaient pas la capacité de s’organiser de façon autonome.
 
Cet atelier prévoit la formation de 20 femmes aux techniques de la poterie. La formation sera effectuée par sessions de 3 jours, 3 fois par mois, pendant 3 mois, soit un total de 27 jours de formation. La formatrice sera la même personne tout au long de la formation.  
 
Pour l’extraction et le transport de l’argile des marigots environnants, ce sont les deux coordinateurs qui s’en chargeront, du fait de la pénibilité de la tâche, grâce à l’âne et la charrette prévus à cet effet.  
5.3 Atelier formation vannerie
 
Ce savoir-faire ancestral africain a également presque disparu, en lien avec l’exode rural et l’apparition des accessoires de cuisine en plastique ou en aluminium. Néanmoins, dans les traditions d’éleveurs et d’agriculteurs, un certain nombre d’accessoires fabriqués en vannerie restent traditionnellement nécessaires pour certaines activités, comme par exemple la préparation du mil avec le « layou » (plateau tressé en vannerie) que les ménagères ou agricultrices utilisent quotidiennement, tout comme les femmes peules pour fermer leur calebasse de lait caillé lorsqu’elles vendent à travers la brousse ; ou encore les tengadas, ces chapeaux typiques en paille tressée que les paysans utilisent pour aller aux champs. C’est pourquoi, grâce à des herbes achetées dans la zone de Nguy Meckhé (capitale sénégalaise de la vannerie) et des fils de plastique de couleur issus des restes des nattes fabriquées en usine à Dakar, les femmes tressent aisément différents paniers de toutes formes et tailles ainsi que divers accessoires.
 
Le projet consiste donc à rafraîchir la première formation donnée il y a quelques années, à la compléter et à l’enrichir afin de rendre les femmes autonomes sur le plan du savoir-faire, garantissant la durabilité et la qualité de leurs produits.  
 
Comme pour les autres ateliers, celui-ci prévoit également la formation de 20 femmes. La formation sera effectuée par sessions de 3 jours, 3 fois par mois, pendant 3 mois, soit un total de 27 jours de formation. La formatrice sera la même personne tout au long de la formation.  

5.4 Atelier formation à la fabrique de savon et d’eau de javel

Pour le savon et l’eau de javel, la formation comprend aussi 3 sessions de 3 jours par mois, pendant trois mois. La fabrique de savon et d’eau de javel répond à des besoins de premières nécessités pour les familles des villages alentours. Cela prend d’autant plus d’importance dans le contexte actuel de crise sanitaire internationale liée au COVID-19, qui, bien qu’ayant aujourd’hui peu touchée l’Afrique de l’Ouest, incite à renforcer la production locale de produits d’hygiène de base.  
 
La formation, déjà expérimentée sur le site de Toubarouf près de Mbacké Kadior, permettra à 20 femmes de produire rapidement du savon et de l’eau de javel de qualité qui s’écouleront facilement sur les marchés locaux.

6.     Appui technique à la commercialisation des réalisations artisanales et des denrées alimentaires

6.1 Commercialisation des produits agroforestiers

Au cours de la première année, seul le moringa fera l’objet d’une commercialisation. En effet, le manioc met un an avant de pouvoir être commercialisé (que ça soit en vendant des boutures de manioc aux paysans des villages alentours ou en vendant les feuilles sur les marchés locaux). Quant aux arbres fruitiers, ceux-ci mettent en moyenne trois ans avant de donner des fruits commercialisables. La commercialisation de ces fruits frais dans la zone sera une première, celle-ci étant aujourd’hui totalement dépourvue tant de plantations que de points de ventes de fruits. Il s’agît donc d’un projet qui s’inscrit dans le temps long.  
 
Concernant le moringa, les feuilles et graines seront achetées par les entreprises Barkelou Ndem et Maam Samba cosmétique, toutes deux situées à Ndem. Une convention, à l’image de celle existante entre les maraîchères des périmètres « Agrisud » situés derrière Babagarage et Maam Samba cosmétique, sera signée entre les différents acteurs, spécifiant les conditions d’achats et de ventes selon les principes de l’agriculture contractuelle, ce qui garantira des débouchés stables sur le long terme.  
 
Les feuilles de moringa peuvent être commercialisées dès trois mois après plantation, offrant une source de revenu rapide pour les membres du GIE. Les coordinateurs du projet offriront un appui technique et administratif afin de faciliter la commercialisation des produits (contrôle qualité, relations avec les partenaires).
 
Globalement, une partie des productions agroforestières seront également réparties (manioc) ou vendues (feuilles de moringa et fruits) au sein du GIE, en autoconsommation, selon un modèle que les membres du GIE doivent définir avec l’aide des deux coordinateurs du projet, impliquant par exemple des tarifications préférentielles.
6.2 Commercialisation des produits artisanaux  

L’ONG des villageois de Ndem, en collaboration avec le GIE Mbacké Kadior, dispose déjà d’un solide réseau de commercialisation de prêt-à-porter et de produits artisanaux (vannerie, crochet notamment). Les boutiques Maam Samba, fondée spécifiquement dans l’objectif de créer un débouché aux productions artisanales de Ndem puis de Mbacké Kadior/Toubarouf, sont situées dans des zones touristiques stratégiques (dans le quartier de Ngorr Almadies à Dakar, dans le centre de Saly). A mesure que la production artisanale gagnera en qualité et en régularité, des conventions pourront être signées avec les boutiques Maam Samba afin de vendre une partie des productions du GIE de Darou Ndimb. Les deux coordinateurs de projet, membre du GIE, se chargeront dans un premier temps des relations avec les partenaires commerciaux, dont la marque Maam Samba.
 
D’ici là, le centre artisanal de Darou Ndimb approvisionnera directement les marchés locaux hebdomadaires, notamment de Gawane et de Bambey, de manière à offrir des produits artisanaux de qualité et à des coûts inférieurs (du fait des coûts de transport réduit) aux populations environnantes. Ici, les femmes du GIE de l’atelier s’organiseront directement en interne pour la vente sur ces marchés. Une charrette et un âne seront à leur disposition, à partager avec les membres des autres ateliers du centre artisanal.  
En outre, les ventes sur site à des particuliers dans le cadre de l’éco-tourisme permettent sur le long terme d’apporter un complément de revenu en vue de pérenniser les activités du GIE de Darou Ndimb, bien que le site soit encore enclavé.  

6.3 Commercialisation du savon  

La commercialisation du savon et de l’eau de javel sera là-aussi effectuée principalement sur les marchés locaux environnants. Les deux coordinateurs se chargeront d’aider les femmes de l’atelier à déterminer les prix de vente ainsi que le montant des rémunérations, afin de créer un modèle économique viable sur le long terme.  
 
Une autre voie d’écoulement importante de ces produits d’hygiène de base se fera de manière interne au GIE. En effet, il sera inscrit dans les statuts du GIE l’obligation pour ses membres d’acheter le savon et l’eau de javel produit par celui-ci. Là-encore, le système de tarification sera à définir par les femmes et hommes du GIE, avec l’aide des deux coordinateurs de projet.  

6.4 Commercialisation du pain  

Par expérience, on peut certifier une bonne conservation du pain et donc garantir un pain frais de qualité au lendemain matin lors de la livraison. L’achat d’un âne et d’une charrette permettra chaque jour d’acheminer de manière écologique le pain à Darou Ndimb et dans les huits villages environnants. Les deux coordinateurs encadrant le projet se chargeront de former les 9 vendeuses dans chacun des villages (une par village, Darou Ndimb compris) et de trouver un point de vente fixe dans ces villages.  
Le fond de roulement pour les matières premières alimentaires et combustibles sont budgétisés pour deux mois. Ensuite, nous pouvons espérer un ratio d’un tiers de bénéfice net par mois, après rémunération, dès lors que l’atelier aura une bonne visibilité auprès des villages locaux. Avec une bonne gestion, l’atelier de boulangerie devrait pouvoir être autonome avant les six premiers mois de mis en œuvre du projet.



7.     Evaluation en deux étapes, réalisation d’un support de capitalisation  

Une évaluation du projet sera réalisée en deux étapes, de manière à mettre en lumière les résultats obtenus, à la fois sur un plan quantitatif et qualitatif. Le chargé d’évaluation sera Daouda Ndiaye, déjà présent sur Darou Ndimb et chargé du suivi-évaluation du projet auprès de l’ONG des Villageois de Ndem et de Solidarité Ndem France.
 
 
Compte- tenu de l’enclavement du site et du choix d’approvisionner les marchés hebdomadaires locaux afin de s’adresser en priorité aux populations des villages alentours, nous pouvons espérer que le site soit autonome financièrement après deux ans d’activité. Le complément de revenus issu de l’agroforesterie et de la boulangerie permettra d’amortir la transition vers cette autonomie à l’issue du projet de douze mois.  

7.1 Evaluation de fin de projet six mois après le démarrage de l’ensemble des activités

Une première évaluation sera réalisée à la fin de la première année d’activité du centre artisanal et agroforestier, ainsi que de la boulangerie, donc vraisemblablement au début de l’année 2022. D’une durée de deux à trois semaines, elle permettra d’établir des indicateurs quantitatifs concernant l’évolution du nombre de personnes au sein du GIE, le chiffre d’affaire du GIE et des différents ateliers ainsi qu’à vérifier l’état des fonds de roulement en matières premières. Elle permettra aussi, sur un plan qualitatif, au moyen d’entretiens semi-directifs avec les différents membres du GIE et acteurs du projet, d’évaluer entre autres la gouvernance au sein du GIE, la satisfaction de ses membres, les améliorations possibles, les perspectives de développement sur l’année suivante. Elle prendra la forme d’un rapport qui sera remis à l’ensemble des partenaires du projet.  

7.2 Etude d’impact après un an et demi de mise en activité du centre artisanal et agroforestier ainsi que de la boulangerie traditionnelle

Une seconde évaluation, ou étude d’impact, sera réalisée à la fin de la seconde année d’activité du centre, vraisemblablement au début de l’année 2023. Elle permettra d’actualiser les différents indicateurs quantitatifs et qualitatifs établis lors de la première évaluation, et ainsi leur donner une profondeur nécessaire à une bonne capitalisation sur le projet. Elle devrait parvenir à mettre en lumière quels sont les ateliers qui ont le mieux fonctionnés, et pourquoi. Elle prendra la forme d’un second rapport, qui là-encore sera remis à l’ensemble des partenaires du projet.  
    
 
Chronogramme prévisionnel sur les 6 premiers mois

 
 
Après décembre 2020, les formations suivent leur cours. La commercialisation des produits artisanaux (poterie, vannerie) devrait commencer aux alentours de février-mars 2021. La commercialisation du manioc commencera quant à elle environ une année après plantation, sous forme de feuilles sur les marchés ou de boutures pour les agriculteurs locaux. D’ici là, la consommation des feuilles par les membres du GIE permettra d’améliorer la richesse de l’alimentation quotidienne. La commercialisation des fruits, enfin, pourra commencer trois ans après plantation, donc en 2023.  
 
 

Conclusion :

L’artisanat, la production agroforestière, la boulangerie traditionnelle et la vente de savon/eau de javel sont quatre activités génératrices de revenus pour les femmes de Darou Ndimb et des villages environnants. Ce projet co-porté par l’ONG des Villageois de Ndem et l’association Solidarité Ndem France, en partenariat avec l’YCID, est l’occasion de redynamiser l’économie locale déclinante de cette zone par la formation, la valorisation des savoir-faire traditionnels et in fine la création d’activités génératrices de revenus pour une centaine de personnes. Ce projet répond également au besoin de renforcer la souveraineté alimentaire de populations enclavées dans un contexte de forte inflation des denrées alimentaires, et par là-même d’enrichir leur alimentation quotidienne sur le plan nutritionnel, enjeu important de santé publique. La production de produits d’hygiène de base s’inscrit dans cette même logique de santé publique, qui avait déjà motivée la création de la case de santé de Darou Ndimb en 2017 par les mêmes acteurs.  

Enfin, ce projet constitue un projet pilote en vue de réaliser un projet de plus large échelle qui concernerait une vingtaine de villages aux alentours de celui de Ndem. Les résultats des deux évaluations successives permettront de capitaliser en vue d’espérer pouvoir répliquer ce format d’activités à plusieurs milliers de personnes dans les années à venir.  



Président           Serigne Babacar MBOW
Coordinatrice    Sokhna Aissa MBOW  
Tél:                      +221 77 744 57 24
Courriel:             ong@ndem.info
Réseaux sociaux
Ce site (ndem.org) est  proposé en différents langages web (HTML, HTML5, Javascript, CSS, etc…)  pour un meilleur confort d’utilisation et un graphisme plus agréable,  nous vous recommandons de recourir à des navigateurs modernes comme  Internet explorer, Safari, Firefox, Google Chrome, etc…
ONG des villageois de NDEM
Retourner au contenu